Béjaïa possède l’une des meilleures baies du pourtour de la Méditerranée, une baie
radieuse et céleste qui fait rêver grâce à
ses endroits pleins d’émotion, de mémoire et de perfection naturelle spectaculaire.
Ceux qui font une virée aux entrailles de la magnificence s’aperçoivent que la ville de Béjaïa, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est une terre avec une histoire riche et millénaire. Son passé
prestigieux en témoigne. Ses somptueux vestiges archéologiques et sa richesse culturelle font de cette ancienne capitale numide une ville dont l’histoire élogieuse a commencé visiblement avec le
caractère architectural de ses anciens sites qui s’accrochent avec passion aux flancs escarpés et boisés du mont Gouraya et veillent jour et nuit, depuis la nuit des temps, sur les rivages
fascinants de la mer. La casbah de Béjaïa fut construite au XVIe siècle. Son style architectural, propre aux Romains, témoigne de leur présence, s’étalant sur plusieurs siècles, dans ce que l’on
a surnommée à l’époque Saldae. L’une de ses tours domine la ville et la mer, laissant vagabonder le regard vers les horizons lointains. A l’intérieur fut édifiée une mosquée au XVIIIe siècle,
laquelle a servi à Ibn Khaldoun, lors de son passage dans cette ville, pour l’enseignement de la jurisprudence. Cette cité antique, qui a fait l’objet de plusieurs fouilles archéologiques, a été
classée tout récemment patrimoine national et bénéficiera probablement d’un programme de restauration et de mesures de protection de ses édifices. Des efforts seront accomplis pour lui redonner
son lustre d’antan. Autrefois, les bateaux, pour accéder à l’ancien port romain, passaient sous son arche, la gracieuse et majestueuse porte de Bab El- Bahr en forme d’arc brisé et portant encore
sur le fronton une ancre marine qui, malgré les vicissitudes du temps passé, tient encore le coup. Les Français, à leur arrivée, ont fait reculer la mer en construisant une rade laissant,
derrière, le majestueux monument. Séparée par une route du port de Béjaïa, aujourd’hui effondrée et en ruines, il ne reste de cette arche qu’une partie que les voyageurs arrivant ou en partance
par bateau vers l’étranger ne s’empêchent pas de contempler, d’approcher parfois pour voir de plus et, le cas échéant, de filmer ou de photographier pour garder des souvenirs. Derrière, un
deuxième arc est visible à l’entrée de la forteresse inexpugnable. Son raffinement exquis fournit un charme éblouissant à la citadelle qui mérite, c’est le moins que l’on puisse dire, une réelle
admiration. Deux minarets, situés très hauts, malgré la traversée des siècles, sont restés intacts et visibles de la mer et d’une bonne partie de Béjaïa. Bien protégé et jalousement gardé, Bab
El-Bounoud, avec son caractère architectural musulman, se présente comme l’un des vestiges poignants de l’histoire de la capitale des Hammadites. Plus haut, avec une vue imprenable sur la mer et
surplombant l’ancienne ville, la mosquée du XVIe siècle de Sidi Soufi charme avec ses ors et ses turquoises. Flanquée de trois tours hexagonales et de deux portes en ogive, entourée d’une grande
muraille la séparant du flanc de Gouraya, elle projette des siècles en arrière, aux nostalgiques de l’histoire, d’imaginer toute la splendeur de Naciria, une cité antique disparue. Dans un décor
fabuleux, captivant, plein d’originalité, Bab Gouraya n’a jamais fermé ses portes pour laisser admirer les éléments d’architecture de ses constructions ornées de petites formes diverses et de son
histoire qui s’étend du XIIe au XIXe siècles. Toudja est l’un des beaux villages proche de Saldae, réputé pour ses sources d’eau sorties des entrailles du flanc escarpés du mont Aghbalou. La
route la reliant au littoral offre des panoramas grandioses. Tout le long de cette route et sur une distance de trois kilomètres, les restes des vestiges d’un aqueduc, réalisé par les Romains au
XVe siècle pour alimenter en eau Béjaïa, sont encore là pour témoigner de l’histoire millénaire de la ville. Classée à vocation touristique par excellence, où alternent des sites naturels à perte
de vue, des vestiges archéologiques innombrables, de beaux rivages…, la ville de Béjaïa a connu un essor de développement fulgurant à tous points de vue. Le tourisme d’affaires se développe en
hiver. Les émigrés qui construisirent auparavant des maisons dans leurs villages ont abandonné depuis fort belle lurette cette thèse. Ils n’ont pas trouvé mieux qu’un pied à terre dans la ville
de Béjaïa où beaucoup d’entre eux ont acheté un appartement pour les vacances des enfants. Ce qui fait que les prix de l’immobilier ne cessent de grimper à une vitesse vertigineuse. Le tourisme
estival n’est pas en reste avec la naissance d’une flopée d’hôtels de luxe érigés en ville ou dans les stations balnéaires. A toutes ces infrastructures s’ajoute aussi le Capri tour, un village
touristique d’un millier de cabanons. Ces infrastructures qui n’existent pas ailleurs en nombre font de Béjaïa une région qui attire de plus en plus de touristes, afflux facilité aussi, il faut
le dire, par les moyens de transport existants par mer, air et terre. Dans les prochaines années, la pénétrante (autoroute) facilitera beaucoup mieux l’accès à Béjaïa qui ne cesse d’offrir aux
visiteurs une halte de charme à l’ombre de la montagne de Gouraya, sous les caresses d’un soleil, qui distille ses rayons, et les vagues de la mer. Dans la journée, la ville se vide. Des rushs
d’adeptes de détente au bord de la mer prennent d’assaut depuis le matin les transports se rendant aux différentes plages du littoral. Le soir, la ville s’anime sous les éclats scintillants de la
lumière. Les Béjaouis, comme les vacanciers, fuient leurs résidences pour prendre l’air frais. UN ENDROIT PRISÉ, LA PLACE GUEYDON C’est sur ce promontoire surplombant la casbah et le port, où
accostent les bateaux de marchandises et de voyageurs, que les flâneurs se donnent rendez-vous chaque soir pour sentir les embruns de la mer, celles des cacahuètes grillées, l’odeur des
brochettes dorées qui chatouille les narines par leur saveur, ou encore les glaces des crémeries. Très tard, la place se vide de la marée humaine qui déserte les lieux. Seuls les couche-tard et
les SDF, gardiens du temple, resteront jusqu’au petit matin. Des moments de bonheur et de rêve sur un site captivant. Telles sont les vacances à Béjaïa, une ville dont le moderne côtoie l’ancien,
le beau s’harmonise avec le tourisme moderne. Ce coin paradisiaque symbolise toute la beauté des panoramas splendides de la Kabylie, disséminés sur les flancs des montagnes et où toutes les
couleurs de la nature se sont donné rendez-vous. De notre bureau de Béjaïa, Larbi Beddar