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ÉCOLE PRIMAIRE CHEIKH-BELHADDAD DE SEDDOUK OUADDA:Un établissement centenaire sinistré

Créée en 1850 par l’érudit cheikh Mohand Ameziane Belhaddad, la zaouïa de Seddouk Ouadda, actuellement établissement du primaire, a été fermée en 1872 par les forces coloniales, qui ne l’ont rouverte qu’en 1905 sous le statut d’école pilote d’enseignement des techniques agricoles


Fermé une seconde fois durant la guerre de libération nationale, cet établissement a été rouvert après l’indépendance,cette fois-ci sous le statut d’école primaire,pour recevoir les élèves des quatre villages d’Amdoune n’Seddouk, à savoir Seddouk Ouadda, Tibouamouchine, Ighil n’Djiber et Seddouk Oufella. Mais cette école baptisée au nom de Cheikh Belhaddad et qui a formé des générations d’élèves devenus plus tard de hauts cadres est actuellement à l’agonie. En 2005, des festivités grandioses ont été organisées pour marquer son centième anniversaire. Ont pris par à cette manifestation les anciens élèves de l’établissement, toutes générations confondues. Profitant de cette occasion, ils ont créé l’Association des amis de l’école, dans l’optique de la sauvegarde de ce qu’il considère comme un «monument du savoir centenaire». Le directeur de la culture de Béjaïa de l’époque avait octroyé une subvention de 5 millions de dinars pour la création d’une bibliothèque, ce qui fut pris en charge par le comité d’organisation des festivités à travers l’aménagement de deux anciennes classes. Avant même que les festivités ne s’achèvent, la direction de la culture avait même livré les équipements et les mobiliers nécessaires. Mais la dotation en livres n’avait pas suivi et il a fallu attendre l’année 2008 pour voir la direction de la culture se manifester par un don de près de 200 livres. Cette école historique, la plus ancienne d’Amdoune n’Seddouk, n’arrive cependant pas à s’extraire de la précarité qui la frappe depuis des années. L’absence de clôture laisse le champ libre aux chiens errants, dans la cour même et au beau milieu des élèves, éberluées et souvent apeurés. Et les délinquants n’ont pas épargnée cette école. Il lui ont rendu visite à deux reprises, de nuit, volant la première fois des denrées alimentaires entreposées au niveau de la cantine et la seconde fois trois poêles à mazout, laissant les potaches grelotter de froid en hiver. Les mêmes délinquants et autres marginaux s’y adonnent régulièrement à la consommation de drogue et d’alcool, laissant sur les lieux des immondices. Et les élèves prennent de gros risques en empruntant un tronçon de la RN 74 pour se rendre à l’école. Les trottoirs sont exigus au point de les obliger à marcher sur la chaussée, non dotée de ralentisseurs, ce qui pousse nombre de chauffards à rouler à grande vitesse. En quittant cette route, les élèves empruntent également une piste rocailleuse, qui n’a jamais été réaménagée et où les eaux usées se déversent sans discontinuer. Et à l’intérieur de l’école, les risques pesant sur les chérubins n’ont toujours pas été aplanis. Quand il pleut, quand il vente ou quand le soleil est de plomb, ils n’ont que le seul choix d’aller s’abriter sous le préau, mais où des dizaines de tuiles endommagées n’ont toujours pas été remplacées et menacent de leur tomber sur la tête. Et ce qui est sidérant, c’est que dans la ville de Seddouk, les locataires de la municipalité rénovent les trottoirs régulièrement, outre des investissements importants consacrés à la réhabilitation du patrimoine et du combat des Belhaddad. La pauvre école fondée par Cheikh Belhaddad, qui a formé tous les enfants d’Amdoune n’Seddouk, est pourtant un patrimoine incontestable de la collectivité. Mais elle oubliée de presque tout le monde. Pour clore ce constat amer, un enseignant nous a dernièrement fait part de l’état des robinets de l’école, qui sont à sec depuis plus de 15 jours. Les potaches sont contraints à ramener avec eux de petites provisions d’eau pour étancher leur soif, comme s’ils devaient se rendre non pas à l’école mais à un pique-nique quelque part dans le désert.                                         L.BEDDAR
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