Le printemps augure d'une saison merveilleuse ramenant avec lui un chapelet de bienfaits comme l'air, qui s'adoucit après un hiver rigoureux, les jours qui se rallongent et s'éclairent,
l'exubérance de la végétation verdoyante, le soleil qui a repris ses droits. Autant de belles choses luxuriantes qui donnent une envie grandiose et terrible de faire une virée à Tibouamouchine, un
village habité par 3000 âmes environ et qui s'impose comme la capitale d'Amdoune N'Seddouk et, incontestablement, futur chef-lieu communal. Pour bien dire les choses, son charme légendaire et
inégalable fascine et traduit, pour ceux qui l'ont visité une admiration réelle et une conviction dont nulle autre bourgade de la région n'a été généreusement dotée par la nature qui lui a façonné
d'ailleurs un environnement sauvage des plus illustres caractérisé par de sublimes paysages enchanteurs. Ceux qui l'ont visitée et qui demeurent ses vrais supports publicitaires se transmettant de
bouche à oreille, disent, sans ambages, que cette contrée de la commune de Seddouk n'a rien perdu de son originalité de citadelle inexpugnable, d'une beauté incomparable, haut perchée sur les cimes
d'une colline, fière et orgueilleuse de son passé élogieux et réputée pour son hospitalité. À ce titre, les villageois s'engagent à vous recevoir dans de meilleures conditions en vous réservant un
accueil chaleureux dans une atmosphère conviviale. C'est peutêtre tout cela la clé des séjours réussis. Pour s'y rendre, la RN 74 est le chemin le plus usuel et le plus adéquat qui nous a menés
jusqu'au coeur du village. Cette route serpentée et sinueuse, large et bitumée, progresse en zigzaguant sur les contreforts de la montagne jusqu'à atteindre les cimes à quelque 1000 mètres
d'altitude. Néanmoins, elle affiche un visage hideux de la commune avec des saletés encombrantes composées d'ordures ménagères, d'emballages de bière vides, de tessons de verres qui s'accumulent
sur les accotements. Seulement, de plus en plus qu'on progresse, la propreté gagne du terrain et le climat devient frais. Quoi que l'on dise, le trajet en vaut bien la peine de par ce que dame
nature nous offre comme panorama splendide, de toute beauté, un paradis de l'escalade et de l'escapade. Les lurons de cette région ont fait le reste en plantant une variété d'arbres vénérés et
adulés comme on adule des saints à l'image du caroubier, du figuier et du seigneur olivier, pour ne citer que ces trois qui dominent tous les espaces agricoles. Pour ceux qui ne le savent pas
encore, ces arbres donnent des fruits labellisés qui étaient exportés autrefois vers la « Métropole » par les docks agroalimentaires qui pullulaient à Seddouk durant l'ère coloniale. Cette route
aux paysages diversifiés et irrésistibles, notamment avec des amandiers bordant des régiments d'oliviers qui incitent à des haltes de charme, ce que font habituellement beaucoup de familles venant
d'Alger, laissant loin derrière elles, pour un temps soit peu, le stress, les encombrements et la pollution de la ville en allant se ressourcer dans leurs villages de campagne lors d'une fête, d'un
weekend ou des vacances, retrouvant ainsi leurs terres arides nourries de la sueur et du sang des générations qui les ont travaillées. L'endroit idéalisé par les familles qui s'arrêtent pour des
piqueniques sous des arbres ombrageux pendant que le moteur de la voiture, qui a roulé des centaines de kilomètres, se refroidit, le ventre creux et les visages tournés vers le flanc est du
Djurdjura laissant les yeux dessiller au loin la colonne dorsale de la montagne encore drapée de neige à laquelle se joignent des nuages cotonneux ; l'ensemble forme une magnificence beauté qui
dépayse la vue et impressionne l'esprit dont on aura du mal à détourner des yeux écarquillés . Nous remontons en laissant à sa guise le regard s'émouvoir de ces décors champêtres indescriptibles. A
droite, nous remarquons un laboureur travaillant une parcelle de terre, sa gamelle et un bidon d'eau suspendus à une branchette et les boeufs avancent à petits pas sous l'oeil attentif du
conducteur qui les dirige d'une main de maître. Les pies et les cigognes font partie du décor et suivent derrière tout en se disputant les nématodes remontés à la surface par la charrue lors des
sillons ouverts dans la terre. A gauche, un berger faisant de la transhumance avec ses bêtes qu'il déplace de temps à autre en leur choisissant des endroits touffus d'herbes qui n'existent que
durant cette saison de végétation extrême de l'année. Curieusement on entend au loin le grincement d'une scie dont un agriculteur se sert pour couper les plants d'oléastres lors d'une opération de
greffage pour en faire ressortir des oliviers productifs d'olives. Ce sont des moments de bonheur absolu à vivre un instant et avec pertinence, des sites naturels à perte de vue. C'est tout cela la
vie dans nos campagnes et mille autres choses à découvrir à Tibouamouchine, lieu de notre pèlerinage. À peine arrivés au sommet d'une colline, apparaît au détour d'un virage anodin la citadelle se
languissant au soleil printanier. Une merveille qui jaillit au milieu d'une immensité de la nature. Ce qui attire le plus le visiteur dans ce village magnifiquement exposé, c’est sans doute son
charme superbe, possédant un patrimoine architectural ou naturel lui offrant le label d'un village propre et ardent. La volonté indéfectible qui anime les habitants dont le principal souci n'est
autre que d'embellir leurs maisons, lui donne un autre label, celui d'un village fleuri ne manquant pas d'attrait captivant. Une fois à l'intérieur du village, ce qui a le plus attiré notre
attention, c'est la Casbah avec ses maisons anciennes typiquement de style kabyle et construites avec des matériaux locaux comme les pierres grises ou blanches et charpentées avec de la tuile rouge
traditionnelle. Imbriquées les unes sur les autres et ressemblant à des gîtes ruraux d'une beauté exceptionnelle, ces maisons dont certaines ont plus d'un siècle résistent encore aux forces de la
nature et aux effets du temps, d'autres, abandonnées sont tombées en ruines. Toutes les ruelles de l'intérieur sont étroites et ne permettent pas l'accès aux véhicules. Dans ce cadre, les résidents
utilisent encore comme moyens de transport la brouette et le mulet. La RN74 le traverse de bout en bout sur environ un kilomètre comme une arête d'une feuille distribuant des ruelles, des commerces
et des routes aux trois villages attenants. Au centre du village, la chaussée bitumée il y a seulement quelques années commence à se dégrader sans que les services des ponts et chaussées ne se
préoccupent pour la rafistoler comme il se doit avant qu'elle ne soit totalement dégradée. Ce tronçon de route a bénéficié d'un aménagement urbain qualifié de grande arnaque du siècle et ce, suite
aux travaux qui ont été mal exécutés, racontent les villageois. Résultat : les bordures de trottoirs se détachent facilement, le béton des trottoirs posé sur des remblais non compactés cède à
certains endroits sous les semelles. Si l'on s'en tient à cela, même les dalles couvrant des caniveaux, conçus pour drainer les eaux pluviales, cèdent facilement sous le poids des personnes ce qui
engendre beaucoup d'accidents, en témoignent encore les villageois. Un autre aléa qui n'est pas des moindres, mérite d'être signalé. Il s'agit le moins que l'on puisse dire de la vie des écoliers
qui empruntent en moutonnière cette route et ce, plusieurs fois dans la journée en se rendant à leurs écoles. Ils sont de facto exposés aux d'accidents de voitures du fait que les trottoirs sont
très étroits et dépourvus de garde-fous et la chaussée non dotée de dos-d'âne qui puissent freiner, dans leurs élans, les voitures conduites par des chauffards, passant à des vitesses vertigineuses
comme des bolides de formule 1. Sur un autre chapitre, cette route fréquentée journellement par des milliers de voyagistes est sans nul doute la base de l'extension fulgurante qu'à connue ce
village devenu aujourd'hui une grande agglomération appelée vitrine de la commune de Seddouk dont il dépend. De nouvelles constructions sont édifiées sur les deux abords et composées de maisons
pavillonnaires aux couleurs bigarrées et assorties de jardins fleuris que délimitent des murets bien esthétisés. A la sortie Est du village, sont concentrés des établissements publics conçus pour
rapprocher les administrés des administrations. A commencer par le collège du chahid Bouzou Zoubir, baptisé au nom d'un enfant de la région ; sollicité par le FLN durant la Guerre 1954/1962, il n'a
pas hésité un seul instant à répondre au devoir de la patrie en abandonnant le lycée pour rejoindre le maquis. Comme beaucoup de ses pairs, il fut tué à la fleur de l'âge les armes à la main pour
que vive l'Algérie libre et indépendante. Ce collège a bénéficié, il y a environ 10 ans, de la communauté émigrée de France, d'un lot d'ordinateurs pour l'apprentissage des écoliers. Ce matériel
n'a pas rendu grand service aux étudiants par l'absence d'un enseignant dans le domaine de l'informatique et de l'Internet qui fait défaut, nous diton. A côté, le centre de soins, où siffle le vent
à l'intérieur. Les malades devant les piètres prestations de services fournies par le centre ne se bousculent pas au portillon. Il présente un visage d’OEdipe. Il est desservi par une piste en
ascension et non revêtue d'une couche de bitume ou de béton. La gadoue rend cette piste impraticable en hiver. Ce qui étonne le plus les habitants, c'est le fait qu'un médecin occupe le logement de
fonction depuis belle lurette mais ne travaille dans ce centre qu'une journée par semaine. C'est un médecin privé qui est venu pallier cette insuffisance en ouvrant un cabinet médical. Mais les
Tibouamouchinois ne sont pas tous en mesure de se permettre une consultation médicale à 400 dinars chez le privé ou prendre un taxi au même prix (400 DA), pour aller à la polyclinique de la ville
se faire ausculter par un toubib. Autant de raisons qui font que l'exercice à plein temps d'un médecin dans ce centre est impératif, eu égard à la densité de la population. Toujours dans le
chapitre médical, une pharmacie s'impose aussi pour éviter aux citoyens d'aller en ville se faire servir une ordonnance médicale. Même les PTT sont à côté de la plaque. Le siège de la poste ne
désemplit pas malgré des prestations de service nulles. Les clients repartent souvent bredouilles de par les indisponibilités récurrentes d'argent. Il est alimenté avec des sommes minimes, et à
chaque fois, les premiers clients sont servis et le reste aura seulement droit à cette éternelle phrase du seul et courtois préposé aux guichets : « Il n'y a plus d'argent, revenez demain ! ».
Cette indisponibilité d'argent n'est pas sans conséquences sur la clientèle puisqu'elle est souvent à l' origine de la foire d'empoigne qui se créé lors des payements des retraites et pensions de
chahid et autres. Souvent aussi des bousculades s'ensuivent et qui parfois sont émaillées par des prises de becs entre clients. Il est le seul bureau de poste qui ne possède pas de visionneuse ce
qui contraint les clients des chèques postaux à aller en ville pour consultation d'avoir du compte ou retrait d'argent. Pire que cela il est, dépourvu de facteur, les gens se plaignent du retard
dans la transmission du courrier qui met parfois des semaines pour arriver à destination quand il n'est pas égaré carrément. Chose insupportable et tant décriée aussi par les clients : le courrier
qui est remis au premier venu pour le distribuer sans se soucier de quoi sont capables les gens malveillants qui n'hésitent pas à ouvrir des lettres pour voir ce qui est à l'intérieur, des cas
fréquents d'ailleurs ont été signalés. L'annexe de la mairie située à côté et partageant la même cour, n'est pas fréquentée malgré sa dotation d'un délégué communal. Il lui manque tout de même une
dotation en registres matrimoniaux de la population pour offrir des services en rapport avec l'attente des citoyens, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. A l'extrêmité, l'école primaire, la
plus ancienne de la région, devenue aujourd'hui un parent pauvre tant qu'elle recèle un manque infrastructurel flagrant. L'absence d'une clôture donne libre accès aux chiens errants qui se pavanent
dans la cour au milieu des bambins, le jardin aussi composé d'oliviers et arbres fruitiers est abandonné à son sort. Il est devenu le lieu de prédilection des délinquants qui l'utilisent pour
s'abreuver en alcool ou fumer un joint et en quittant les lieux laissent sur place des emballages de bière et des détritus qui jonchent par terre en certains endroits. Pour ceux qui ne connaissent
pas Tibouamouchine ou qui l'ont oublié par vicissitude du temps, c'est le village qui a développé à compter du 15e siècle une activité artisanale unique dans la région, dont seuls les habitants
connaissent le secret de fabrication. Il s'agit du balai traditionnel (thimaslah). Un produit fabriqué avec des feuilles séchées du dattier sauvage (Iguezdam), une matière première existante en
abondance à l'ouest du pays que les Tibouamouchinois jadis allaient arracher et transporter par train ou pour camions. Jusqu'à une trentaine d'années, toutes les familles ne vivaient que de ce
produit du terroir d'où elles tirent leurs principales ressources. L'avènement du balai moderne qui ne courbe pas l'échine sortant des usines a supplanté le balai traditionnel qui n'est plus
fabriqué de nos jours. Le métier a été abandonné progressivement par les familles dont beaucoup de membres ont choisi l'option émigration et bon nombre se sont installés en France. Le seul qui a
tenu encore le coup jusqu'à sa mort, c'est Da Mahmoud. Il le fabriquait encore jusqu'à son dernier souffle, il y a deux ans, emportant avec lui un patrimoine labellisé et une fierté de tout un
village. Ce qui lamente le plus, les villageois n'ont jamais accordé l'importance et le mérite qui lui reviennent tant il constitue un patrimoine légué par leurs ancêtres ou encore un produit qui a
survécu très longtemps et qui a fait le bonheur des générations de leurs aïeux. Autrement dit, qu'est-ce que ça leur couterait une petite ou une grande manifestation en hommage à un produit
artisanal dont ils détiennent jadis l'exclusivité de la fabrication, ou du moins dans la région. Mais ce village n'est pas connu seulement à travers le balai traditionnel mais grâce aussi à ses
fils qui s'étaient illustrés d'une façon ou d'une autre, le plaçant comme un village aux multiples facettes alternant culture, artisanat et tourisme. A commencer par feu Saïd Ouemdour, ancien
joueur qui a fait les beaux jours du club local de football en l'occurrence le RC. Seddouk, et militant de la cause berbère et de la démocratie. Pour ses valeurs, jeune à l'époque, il a été porté
comme premier maire élu après l'avènement de la démocratie, poste auquel il n'a pas survécu longtemps en rendant l'âme en 1993 dans un accident de voiture et durant son mandat de maire. Les
villageois ne l'ont jamais oublié en lui rendant chaque année un vibrant hommage. C'est aussi le village d'Ammouche Mohand, ce chanteur de l'émigration qui était parti en France très jeune durant
les années 1940 fuyant la misère alors qu'il était berger comme la plupart des enfants de sa génération, pour ne revenir au bled qu'en 1980 avec une guitare sur les épaules. Les habitants,
notamment les jeunes qui ne le connaissaient qu'à travers ses chansons, ont découvert en lui un chanteur au talent avéré. Par nostalgie, il a animé plusieurs fêtes sur les places publiques ce qui
lui a valu de l'estime par ses fans constitués. Ne tarissant pas de générosité et sentant sa mort proche, il a chargé ses enfants de remettre la quote-part d'argent, lui revenant de la caisse de la
communauté émigrée pour le transfert de sa dépouille, aux notables du village pour la reconstruction de la fontaine publique qui l'a vu naître et grandir. A sa mort, sa famille a respecté son choix
en transférant l'équivalent en dinars de 270 mille dinars. Le projet y afférent est en cours de réalisation. Restons dans le domaine culturel, une autre étoile montante de la chanson kabyle assure
la relève en ce moment. A peine vingt printemps, elle fait déjà parler d'elle avec la sortie d'un album sur le marché. Il s'agit du jeune chanteur Iabbassène, natif dans ce village, un nom à
retenir bien sûr. Avec une voix de rossignol des prés, ses chansons mélodieuses très aimées des jeunes lui garantissent déjà un avenir meilleur. Pour le visiteur qui se rend pour la première fois à
ce village il dira que c'est un coin édénique propice pour la détente paradoxalement à celui qui a élu domicile et qui vous racontera sans détour comment cette nature accentue la dureté de la vie
de la population, alors que les autorités locales ne lui accordent que des broutilles comme projets infrastructurels. Parmi les écueils égrenés d'un chapelet d'insuffisances vient en premier dans
l'ordre, la gestion de l'eau qui accentue la misère de la population car ce liquide précieux est rationné à 1/2h tous les deux jours en été. Mais les villageois comptaient beaucoup plus sur leur
communauté émigrée qui s'est toujours distinguée par des actions de solidarité. Pour preuve tangible, Il y a environ 6 ans, les villageois souffraient terriblement de l'insuffisance de ce liquide
précieux qui leur empoisonne la vie en été et pour cela ils ont fait appel à leurs émigrés leur faisant part d'un projet de forage d'un puits qui puisse sauver la population de la soif, car les
autorités locales interpellées à ce sujet pour leur résoudre cet épineux problème se montrèrent insensibles et incapables de répondre au besoin pressant en eau de tout un village. Pour ne rien
laisser au hasard, il faut dire aussi que ce village était marginalisé à cette époque par les locataires de la mairie. Heureusement qu'il y avait des hommes, même de loin, qui compatissaient à la
douleur des leurs laissés au village. Ce sont bien sûr leurs émigrés qui leur ont collecté une faramineuse somme de deux millions de dinars qu'ils ont adressée aux notables pour solutionner
définitivement le problème récurrent d'eau qui se posait cruellement. Un projet grandiose a été réalisé. Il s'agit du forage de deux puits de 50m de profondeur chacun. Il faut dire aussi que les
villageois ont été arnaqués, car l'entreprise qui devait réaliser un puits de 100m pour atteindre la nappe phréatique n'en a réalisé finalement que deux de 50m chacun arguant le problème des
éboulements du sol. A l'achèvement du projet, l'eau a jailli et la population toute joyeuse d'avoir enfin une eau qui coulerait des robinets H/24, a organisé une Louziaa (Timechrat) en sacrifiant
plusieurs veaux. Mais un malheur est vite arrivé, puisque l'enthousiasme n'a duré malheureusement que quelques mois avant qu'il ne cède la place à l'amertume. Les débits d'eau des deux puits sur
qui la population a fondé son espoir se sont amenuisés comme une peau de chagrin et ne donnaient en fin de compte qu''un piètre filet d'eau. Ne s'arrêtant pas à ce projet, la population de ce
village, réputée pour sa cohésion sociale des plus remarquables en élisant démocratiquement les notables a réalisé encore d'autres projets en mettant la main à la. Grâce à cette union indéfectible,
les villageois ont réalisé par leurs propres moyens des locaux situés à la placette d'Agoulmim, servant pour les réunions du village, les activités de jeunes et les meetings des partis. Le
cimetière aussi a été aménagé par une clôture et doté de l'éclairage public comme tout d'ailleurs la mosquée qui a été rafistolée avec des centaines de millions. Le village ne manque pas de
citoyens généreux qui ont cédé gratuitement leurs biens à la collectivité. Deux âmes charitables ont cédé les terrains pour les deux forages et tout récemment une troisième personne a cédé aussi sa
vieille maison pour qu'elle soit utilisée comme logement de fonction de la mosquée. Sans s'étaler sur l'état des routes secondaires mal entretenues, l'éclairage public qui fait défaut en certains
endroits ou encore ces chutes de tensions récurrentes de l'électricité et bien d'autres écueils, car la liste est loin d'être exhaustive dans un village où la population s'accroît à un rythme
vraiment rapide, d'où l'augmentation constante du nombre de maisons. La population se bat pour arracher l’installation du gaz de ville et, dans ce cadre, des démarches ont été entreprises depuis
déjà deux ans mais ne voit toujours rien venir malgré que des rumeurs folles circulent en ce moment luis mettant du baume au coeur comme quoi leur village est inscrit dans les programmes à venir de
la wilaya. Ce village, qui s'agrandit de plus en plus, a l'air d'une petite ville de province que traversent les pèlerins allant visiter Thakhelouith de cheikh Aheddad. Il s'inscrit dans la cour
des grandes agglomérations avec deux cafés modernes, un restaurant, trois salons de coiffure, dont un pour dames, une panoplie de commerces, quatre huileries modernes à grande capacité qui ont
travaillé à plein régime durant des mois cette année, une torréfaction de café, etc. À Tibouamouchine, c'est le moderne qui côtoie l'ancien, c'est le beau qui prépare les prémices d'un tourisme
naissant. Bientôt des hôtels !! Tibouamouchine est sortie de sa léthargie et tant mieux pour ce coin paradisiaque reflétant la beauté et toute la beauté des paysages de Kabylie dans une Algérie
rayonnante et prospère. L.Beddar