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AMDOUNE N'SEDDOUK: Ce sont les moyens qui manquent le plus

En allant à Amdoune n'Seddouk, une
communauté d'environ 5 000 habitants, il est facile de lire sur les visages toutes les misères qu'endurent les citoyens privés de tout, notamment les loisirs qui font cruellement défaut chez la masse juvénile et les commodités les plus élémentaires pour une vie décente dont les villages sont insuffisamment dotés. Pour palier au manque de projets infrastructurels que les autorités locales ne leurs ont pas accordés, les populations ont financé ellemêmes certains projets déjà réalisés. Mais aujourd'hui, elles sont exténuées par de telles dépenses auxquelles elles ne peuvent plus subvenir. Le paradis que n'ont cessé de leurs promettre les élus qui ont succédé à l'APC lors des campagnes électorales ne s'est pas encore réalisé. Adossés au mur, flânant dans les rues ou attablés aux terrasses de cafés, les jeunes, désemparés et désorientés, sont las d'attendre que les portes du ciel s'ouvrirent pour leur lâcher ce qu'ils veulent avoir alors que celles de la commune et de certains organismes étatiques leurs sont éternellement fermées. Pour cela, leurs discussions portent souvent sur le rêve de chacun de quitter un jour l'oisiveté, le farniente et la monotonie qui sont leur lot quotidien dans ces bourgades enclavées quand ils ne sont pas happés à la fleur de l'âge par des fléaux sociaux tels que la drogue, le vol, l'alcool…, qui les guettent à tout bout de champ. Le premier écueil qui n'est pas des moindres n'est autre que l'absence du téléphone fixe que l'ACTEL n'a pas jugé utile de rétablir depuis que les voleurs ont subtilisé le câble de la ligne principale en 2000. Il faut dire aussi que les jeunes de cette contrée ont connu l'internet bien avant les autres grâce à un cybercafé créé en 1998 dans le cadre de l'emploi de jeune. Après l'entêtement de l'ACTEL s'obstinant au rétablissement du téléphone, les associations locales ont fait des mains et des pieds en saisissant qui de droit de l'APC au ministère en passant par la wilaya pour les rétablir dans leur droit mais en vain. Leurs cris de détresse semblent tomber souvent dans les oreilles de sourds. L'ACTEL saisie à maintes reprises, met de côté le fixe en proposant des appareils WLL, le téléphone à distance, promettant ainsi des services divers (telephone, faxe, Internet). Beaucoup de citoyens aguichés par cette opération de charme ont acheté des appareils et l'ironie du sort, ils se sont vite rendu compte de la supercherie : le téléphone sonne mais il n y a jamais eu de service Internet pour tous ceux qui le désirait. Après la dotation de quatre clients en Net, le reste bute toujours sur cette tonitruante réponse : «Nous sommes en rupture de stocks en appareils flashés en Internet ». Une rupture de stock qui dure des lustres figurezvous bien ! Le chapelet est assez plein d'écueils ou l'on n’égrenera que quelques uns.A commencer par le gaz de ville dont la demande ne semble pas préoccuper les autorités locales. La pétition signée par la population locale qui leurs a été adressée a été répercutée sur la wilaya et puis aucune relance n'a été faite, semble t-il alors que suite au déficit qu'accuse la wilaya de Béjaia en matière de dotation en gaz de ville, cette contrée a de fortes chances de se voir accorder un tel projet pour peu que les autorités locales défendent leur demande. Dans le cas contraire, les villageois continueront encore et encore à se bousculer pour une bouteille de gaz qui n'est jamais vendue à son prix réel même en été. Elle est taxée à 215 DA pour toute l'année. Le plus navrant c'est la gestion de l'eau où les conduites principales vieilles comme le temps, usées et saturées de fuites, demandent à être refaites tout comme d'ailleurs les vannes dont la plupart sont défectueuses et présentent un danger à la population par le retour à la conduite d'une eau sortante et creusant une cuvette où elle stagne avec des saletés. Pour l'électricité c'est le branle-bas. A des chutes de tension qui s'installent dans la durée surtout aux heures de fortes consommations généralement en début de soirée et en hiver, s'ajoutent des pannes récurrentes qui durent des heures. La sonelgaz, comme elle sait relever les compteurs, faire payer les factures et couper le cas échéant pour ceux qui pour une raison ou une autre n'ont pas réglé à temps, doit savoir aussi réguler le courant en fournissant des prestations à la mesure du pognon qu'elle encaisse de ses clients. La liste est loin d'être exhaustive.

 L. Beddar 

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