Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 07:16

Takaâts est l’un des plus grands et plus anciens villages de la commune de Seddouk. Il est situé sur une colline où sont disséminés des villages relevant de l’Aârch d’Ath Waghlis.

Il domine aussi une partie de l’oued de la haute vallée de la Soummam et de Sidi Aïch.  Une bonne partie du bourg est envahie par le béton avec la construction de villas éparses. Le village dispose encore d’une organisation sociale parfaite, grâce à l’élection démocratique des notables qui veillent sur les intérêts des villageois. Le comité a aussi pour mission de  sauvegarder les valeurs léguées par les ancêtres et réclamer à l’administration les besoins dont souffre le village. Cet été, les villageois s’apprêtent à faire revivre une pratique ancestrale qui fait la force et l’union dans la communauté villageoise kabyle. Une pratique symbole d’un rapport direct avec la solidarité et l’entraide qui ont tendance à se perdre. Il s’agit de Louziâa (timechrit) que les notables du village préparent pour la journée de l’Aïd El-fitr. « Nous sommes à la phase de la collecte des fonds pour l’achat des taureaux à sacrifier. Tous les habitants de Takaâts sont concernés. Le jour J, chacun aura son ratio », a déclaré M. Bouchemaâ, l’un des notables. Ca sera sans doute un grand jour de fête avec la présence de tout le monde, y compris les natifs qui sont allés s’installer dans les villes. C’est le genre de rendez-vous qui réconcilie les villageois. Aussi dans les projets de ce comité une profonde pensée aux martyrs qui ne sont pas oubliés. Le même notable nous a appris, en effet, qu’une stèle en hommage aux 50 Chouhada de la localité est en cours de réalisation. C’est un acquis. Auparavant le village a eu aussi à bénéficier du raccordement au gaz naturel. Cela remonte à 2005. Ça a beaucoup amélioré la vie dans la localité, même si nombres de manques sont toujours soulevés par les villageois. En les énumérant, M. Bouchama s’attarde pour se faire la voix des jeunes désemparés. « Les jeunes manquent de structures où ils pourront s’épanouir, » regrette t-il. Et pourtant, le sport est bien ancré dans la vie sociale. Et ça ne date pas d’aujourd’hui. D’ailleurs, Takaâts a, en effet, alimenté à travers le temps le club phare de la région, le RC Seddouk d’excellents joueurs qui ont fait les beaux jours de cette équipe. Le village a également une équipe d’athlétisme bardée de consécrations régionales. Mais ce fut toujours avec des moyens dérisoires. Les encouragements attendus ne sont jamais parvenus. Et force est de constater que les infrastructures sportives manquent cruellement dans ce village.

Au plan des bonnes nouvelles, la réalisation entamée d’une salle de soins aurait pu soulager la population locale. «Elle aurait constitué une grande bouffée d’oxygène pour les villageois qui l’attendaient, depuis 20 ans ». Mais voilà que tout est remis en cause. Ou presque. Le chantier offre, en effet, un tableau désolant. Complètement abandonné, il n’en reste quasiment que la carcasse.

« Nous avons des jeunes doués dans le sport. Ils sont à la JS Takaâts. C’est des athlètes d’un bon niveau qu’on retrouvera peut-être un jour en équipe nationale. L’État doit les aider. Il faut qu’on regarde de leur côté, c’est l’avenir… Mais ce n’est malheureusement pas le cas. Le seul stade dont ils disposent est dans un état lamentable. Et pourtant une fiche technique a été adressée à la DJS de Béjaïa. La pose d’une pelouse en tartan, l’aménagement d’une piste d’athlétisme, la construction de vestiaires et de gradins, la mise en place d’une clôture et l’alimentation de la structure en électricité sont, entre autres, les lacunes auxquelles il faut y remédier pour permettre à la masse juvénile de pratiquer son sport favori. En somme tout un stade à démarrer presque à zéro. Mais aucune réponse jusque là.», renchérit notre interlocuteur. Les jeunes de Takaâts ne dispose pas non plus d’un lieu pour les accueillir, pas de maison de jeunes...  Dans la catégorie sociale et au chapitre hydraulique, les villageois ont dû réaliser eux même un forage. C’était, il y a quatre ans. Le chantier a été mené à terme grâce à l’argent collecté. Sauf que, jusqu’à présent, il n’est toujours pas alimenté en énergie électrique pour permettre sa mise en service. À ce sujet, les notables n’hésitent pas à charger la Sonelgaz qu’ils ont pourtant saisi depuis plusieurs mois. «Nous ne savons pas à qui se plaindre pour décrocher l’alimentation en électricité à ce forage », se plaint notre interlocuteur. Au plan des bonnes nouvelles, la réalisation entamée d’une salle de soins aurait pu soulager la population locale. « Elle aurait constitué une grande bouffée d’oxygène pour les villageois qui l’attendaient, depuis 20 ans ». Mais voilà que tout est remis en cause. Ou presque. Le chantier offre, en effet, un tableau désolant. Complètement abandonné, il ne reste quasiment que la carcasse. Personne n’y active depuis environ 8 mois. Le laisser aller a fini par laisser place à une dégradation systématique de l’édifice : Des infiltrations d’eaux pluviales ont sensiblement affecté les plafonds. Les murs intérieurs complètement enfumés par le feu. Les cadres des portes et fenêtres ont été arrachés et pillés. Le comité du village se dit très révolté à voir la situation qui prévaut au sein de la battisse. La relance des travaux est mise en avant parmi les priorités réclamées par les habitants du village. Tout comme l’ouverture des pistes dans ce hameau à vocation agricole avec prédominance de l’oliveraie. La majorité des 3000 âmes qui constituent la population locale y dépendent directement ou indirectement. Et faute de ces pistes qui font défaut, les villageois peinent à transporter leurs récoltes. Ils sont contraints de déplacer leurs récoltés à dos de mulet ou carrément sur les épaules. «Nous avons revendiqué l’ouverture de 6 pistes agricoles dans une correspondance restée, à ce jour, lettre morte », se plaint-on. C’est dire que la population de Takaâts est loin de la réjouissance. Les jeunes comme les plus âgés se plaignent… Ces derniers estiment que leur village subi « trop d’injustices » au vu du passé glorieux de la localité. Takaâts est, plaident-ils, « un village pétri d’histoire. Il est appelé aussi le plateau de Massinissa. On n’a pas de traces mais si on appelle le village comme ça c’est que le grand roi berbère est sans doute passé par là. Sid Ahmed Oumerzag, constitue aussi une fierté pour le village. Les fait partie de ces héros qui ont refusé l’ordre établi par le pouvoir colonial. C’est aussi le village de Methia, écrivain scientifique établi en France, décédé il y a deux ans.

L. Beddar

Partager cet article

Repost 0
Published by La gazette - dans Infos du terroir
commenter cet article

commentaires