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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 06:10

mausol-e.jpgIl y a 142 ans, cheikh Belhadad soulevait la Kabylie contre le colonialisme français en déclarant le djihad, un certain 08 avril 1871 au marché d’Amdoun n’Seddouk, lors d’un rassemblement auquel ont pris part plus 1200 fidèles. L’association Issoulas, en collaboration avec les notables du village Seddouk Oufella a concocté un programme riche et varié pour la célébration de cette insurrection. Les festivités ont commencé le 1er avril à Seddouk Oufella, région natale de cheikh Aheddad et berceau de cette insurrection. Les festivités se clôtureront aujourd’hui. Cet évènement se veut grandiose, à l’image de la célébration de 1971, du fait qu’il est parrainé par plusieurs institutions étatiques tels que les directions des affaires religieuses, de la culture et de la jeunesse et des sports de la wilaya de Béjaïa, ainsi que la daïra et l’APC de Seddouk. La route nationale 74 était encombrée par la masse de véhicules qui se rendaient à Seddouk Oufella afin de se recueillir sur les tombes où reposent, depuis le 03 juillets 2009, date de leur transfert du cimetière de Constantine, les ossements des trois Cheikh, dans un mausolée construit tout récemment par les pouvoirs publics. « Lorsque j’étais jeune, j’accompagnais ma famille qui se rendaient chaque année à Seddouk Oufella pour visiter les possessions de cheikh Belhaddad et demander sa Baraka. C’est devenu un rituel pour moi et je n’ai pas manqué une seule année, depuis », dira une femme d’un certain âge, venue des Ouadhias dans la wilaya de Tizi-Ouzou où cheikh Belhaddad comptait des milliers de fidèles qui le vénéraient. Les autorités locales, comme les notables du village Seddouk Oufella ont pris soin de rendre agréable le séjour des pèlerins en nettoyant les routes et en plaçant des panneaux-guides pour l’orientation des visiteurs. La nature aussi a étalé son charme, offert gracieusement à cette région de cocagne ou jaillissent à plusieurs endroits des sources d’eau canalisées vers des fontaines où s’arrêtent les citoyens pour s’humecter le gosier sous les chants des oiseaux en vol ou assis sur les branches des géants peupliers. En ce début de printemps, la verdure a atteint son paroxysme dans des champs ornés de roses, de coquelicots, de muguet… A cela, s’ajoute l’air pur à humer à plein poumons et les senteurs des lavandes à vous enivrer. « Je suis venu solliciter la Baraka de Cheikh Belhaddad et j’ai découvert une région sublime aux paysage enchanteurs, bons pour la détente de par la tranquillité qui y règne», dira un jeune venu de Béjaïa. Le mausolée et Thakhelouit sont les sites privilégiées des visiteurs. Se parant de leurs plus beaux atours, ils accueillent à longueur de journée, et même en soirée, des pèlerins venus de partout. « Depuis le centenaire, célébré en 1971, notre village n’a pas vécu une telle ambiance marquée par un engouement des plus remarquables, où femmes et hommes, petit et grands, se bousculent pour se recueillir sur les tombes des valeureux martyrs », témoigne Zoubir, un notable du village. Par devoir de mémoire, il est utile de rappeler les causes qui ont engendré l’insurrection que nous célébrons aujourd’hui. Depuis que le système colonial, pour s’emparer d’un maximum de terres, a mis sa machine répressive en branle contre la paysannerie algérienne qu’il a dépossédée, par des moyens illégaux, de ses meilleures terres situées sur les riches plaines, afin d’installer par voie de conséquence un grand nombre de colons européens sur de grands périmètres agricoles, toutes les régions du pays ont répondu par des soulèvements populaires dont le plus important était incontestablement l’insurrection d’avril 1871, menée par les Mokrani d’Ath Abbas, conjointement avec les cheikhs Belhadad de Seddouk. Ce soulèvement réputé pour avoir mis en péril tout le système colonial, était l’apanage des tribus paysannes de la haute vallée de la Soummam, galvanisées par la foi et la détermination à vaincre ou mourir devant un ennemi déterminé aussi à asseoir sa domination par la force, en employant de gros moyens militaires pour mater les insurgés. De ce fait, son ampleur avait embrasé toute la Kabylie et avait gagné les régions limitrophes de l’Est et de l’Ouest. L.B

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Published by La gazette - dans Amdoun n'SEDDOUK
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