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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 06:34

Adossés aux murs, attablés dans les deux cafés-maures que compte la localité ou marchant par groupes dans les rues, ou encore prenant du plaisir à flâner dans les champs au milieu de la nature, les jeunes de Tibouamouchine dans la commune de Seddouk n’ont guère d’autre choix.

L’aire de jeux de proximité créée durant les années 1980 et qui leur permettait d’organiser parfois des tournois inter-quartiers, se dégrade au fil des ans : la pelouse ravinée en hiver par les eaux torrentielles d’un cours d’eau, voit pousser une herbe folle. Pourtant ce terrain a bénéficié en 2006 d’un projet pour sa remise en état. Seulement, les travaux ont été mal faits et le terrain n’a pas tardé à se retrouver dans un piteux état. La clôture est faite avec des tubes ronds de petit diamètre et ayant trois mètres de hauteur, qui tombent au moindre coup de vent, emportant avec eux le grillage. Les vestiaires sont inutilisables du fait que les douches et WC ne sont pas branchés à un réseau d’assainissement. Malgré ce gâchis, les autorités locales tardent à réagir. Et ironie du sort, le cybercafé de la localité qui procure de la distraction et du savoir à une jeunesse avide de loisirs, a fermé en 2001 suite au vol du câble téléphonique du réseau principal alimentant la localité. Depuis, Tibouamouchine est coupé du reste du monde. Les jeunes adeptes du virtuel, qu’il vente ou qu’il pleuve, sont obligés de se rendre à la ville de Seddouk. En 2005, le téléphone par ondes, le WLL, a fait son apparition. Les anciens abonnés ont retrouvé le sourire après que l’Actel leur a offert, chacun, un appareil. Cependant, il est seulement utilisable comme téléphone, puisque non doté d'Internet. Mais rien n’est venu en direction des jeunes qui attendaient impatiemment depuis des lustres le rétablissement de la connexion pour voir enfin la création de cybercafés dans la localité. 12 ans plus tard, Tibouamouchine reste parmi les rares villages dans la wilaya de Béjaïa à ne pas disposer de l’Internet suite à l’absence d’un réseau téléphonique câblé. Au jour d’aujourd’hui, seules deux personnes ont pu bénéficier d’appareils flashés dans le cadre du WLL pour le fonctionnement de l’Internet. Et encore, même ceux là crient à l’arnaque. «La connexion fonctionne avec un débit très faible. Il est quasiment impossible de faire monter une page quelconque», se révolte un abonné qui ne décolère pas. Pour les autres qui ont fait des demandes d’acquisition de ces appareils, les services de l’Actel d’Akbou leur répondent à chaque fois qu’ils sont en rupture de stock.

Le stade dégradé et l’unique cyber fermé

Tout dernièrement, l’Actel d’Akbou a mis en place un programme de renforcement des réseaux Internet d’Ouzellaguen et de Beni Mélikech pour la création de nouvelles lignes Internet, mais la commune de Seddouk n’a pas bénéficié de ce privilège. La boucle est bouclée, par la disparition de l’association socioculturelle du village. Un ancien dirigeant nous a expliqués que faute de moyens, ils ont remis la clé sous le paillasson et n’ont pas pu renouveler les papiers. «Nous n’avons jamais reçu une subvention quelconque de l’APC, ni de l’APW, ni de la DJS. Il y a une année, nous avons concocté un programme pour organiser une fête commémorative en l’honneur du grand chanteur de l’émigration, feu Ammouche Mohand qui est un enfant du village. Malheureusement, faute de moyen, le projet est tombé à l’eau. Notre village est le seul à détenir un patrimoine artisanal très ancien qui consiste en la fabrication du balai traditionnel (Thimeslah). Nous avons aussi voulu ressusciter cette noble activité et la montrer aux autres mais les moyens pour réaliser ce rêve, nous manquaient. Autant de raisons qui ont fait que nos jeunes se sont démobilisés en abandonnant l’association, avec son équipe de théâtre, la plus ancienne de la commune de Seddouk», a expliqué en détails ce membre de l’association. Les jeunes, par manque de moyens de distraction hibernent en hiver et ne trouvent les moyens pour se divertir que durant les trois mois des grandes vacances de l’été. Ils attendent vivement l’arrivée du mois de juillet pour entamer les virées en mer. Pour ceux qui n’ont pas les moyens, ils louent collectivement des fourgons pour aller passer des journées de détente sur les plages des stations balnéaires de la côte béjaouie. Les soirées sont animées par les fêtes de mariage, animées par des chanteurs amateurs locaux. Et la vie continue ainsi pour les jeunes du plus grand village de la commune de Seddouk qui en constitue la vitrine, avec la traversée de la RN74 que fréquentent journellement des milliers d’usagers.tibouamouchine.jpg

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Published by La gazette - dans Amdoun n'SEDDOUK
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