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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 06:29

seddouk-oufella.pngSituée à l’entrée de Seddouk Oufella, l’un des quatre villages d’Amdoune n’Seddouk,la fontaine fraiche d’El Moumadha est un havre de paix. Entourée de paysages sylvestres à perte de vue, les visiteurs se rendant en pèlerinage au mausolée de cheikh Belhaddad situé à quelques encablures de là ne s’empêchent pas de s’y arrêter pour s’humecter le gosier avec une eau minérale coulant de deux siphons. La source El-Moumadha alimente aussi les populations de trois villages, Seddouk Ouadda, Tibouamouchine et Ighil N’djiber. Juste à coté, se trouve, une autre source appelée El-Manfouka, dont l’eau est destinée à l’alimentation du village de Seddouk Oufella. Nos aïeux laissaient entendre que ces deux sources millénaires et légendaires ont été à l’origine de la sédentarisation de la population d’Amdoune n’Seddouk qui leurs ont vouées une vénération particulière en les adulant comme on adule des sages, grâce à leurs vertus réputées bienfaitrices et nourricières pour les humains qui les utilisaient pour de multiples usages. Leurs eaux, sortent directement des entrailles de la terre sur le flanc Ouest de la montagne d’Achtoug, juste en dessous d’une grotte féerique. Une légende très répandue dans la région raconte que des explorateurs français ont laissé présager, partant du bruissement de l’eau des profondeurs de cette grotte qui s’apparente à un ruisseau qui coule, qu’un jour celui-ci remonterait à la surface et inonderait tout le flanc situé en contrebas de la montagne jusqu’à l’oued Soummam. Bien qu’elles soient millénaires et prenant racines de la nappe phréatique du sud algérien (Boussaâda), comme l’a laissé entendre un ingénieur en hydraulique ayant étudié la carte de la région, les premiers habitants qui les ont mises en valeur furent les Byzantins qui ont installé leur forteresse sur un petit plateau (Ighoudhane) sur le bord d’une rivière où convergent les eaux des deux sources. Les autochtones de l’époque les utilisaient pour l’irrigation des cultures, la fabrication des outils d’artisanat et d’alimentation. Ce n’est que plus tard que cette forteresse fut détruite, et que la population a abandonné le lieu en s’éparpillant et en créant les quatre villages que sont Seddouk Ouadda, Ighil n’Djiber, Tibouamouchine et Seddouk Oufella. Les ascendants de cheikh Belhaddad, en arrivant sur les lieux, y ont découvert leurs vertus, notamment leurs débits constants durant les quatre saisons et n’ont pas hésité à y élire domicile. Les colons français de même, bien qu’installés sur le vaste plateau de Tizi El Djamaa, Seddouk-centre actuel, à une dizaine de Kms, ont vite repéré les eaux potables qu’ils ont captées et amenées jusqu’en ville où ils ont construit des fontaines publiques. Le surplus a été laissé aux habitants des villages Seddouk Oufella et Seddouk Ouadda, qui les utilisaient dans le temps pour le fonctionnement des moulins à grains installés le long de la rivière d’Irmane et pour l’irrigation des cultures. A cette époque, Amdoune n’Seddouk est réputé pour sa production de la citrouille. « Awi thakhsaith ar Seddouk », disait une légende pas assez lointaine. A l’indépendance, le modernisme a pénétré les villages et les citoyens s’imprégnant de la vie citadine ont abandonné les fontaines publiques pour des branchements de canalisations d’eau courante dans les foyers. L’augmentation des populations et le manque d’entretien de ces deux sources, qui n’ont connu aucune amélioration, ont fait qu’elles ne suffisaient plus à alimenter les quatre villages d’Amdoune n’Seddouk et le chef lieu communal. Pour cela, une décision a été prise par les services municipaux dans les années 1970 pour alimenter la ville de Seddouk de la nappe phréatique de l’Oued Soummam, laissant les eaux des deux sources pour les quatre villages. Quelques années seulement s’étaient écoulées que ces villages ressentent, à leur tour, un besoin supplémentaire en eau suite à la diminution des débits des eaux et de la croissance démographique. L’APC, dans les années 1980, au lieu de réaliser un forage sur les lieux des deux sources pour capter le maximum d’eau, n’a pas trouvé mieux que d’alimenter les trois villages (Seddouk Ouadda, Ighil n’idjiber et Tibouamouchine) de la nappe phréatique de l’Oued Soummam d’une eau fade bonne uniquement pour les travaux ménagers, laissant les eaux potables de ces deux sources pour la consommation. Ces dernières années, même avec l’eau de ces deux sources et celle de la nappe phréatique de l’Oued Soummam, les trois villages, avec l’augmentation de leurs populations ressentent encore un besoin en ce précieux liquide. Les populations, pour étancher leur soif pendant des années et durant les saisons estivales iront chercher l’eau de ces sources dont les fontaines publiques installées séculairement juste en dessous, sur le chemin de Seddouk Oufella à quelques 3 Kms. Des chaînes interminables se constituaient, de jour comme de nuit, par des citoyens venant de partout. Pour ce faire, Tibouamouchine et Seddouk Ouadda, deux villages visiblement éprouvés par l’insuffisance en eau potable ont, à compter de 1994, multiplié les démarches auprès des autorités locales, demandant une distribution judicieuse et équitable des eaux de ces deux sources pour les quatre villages et constatant avec désolation que leurs demandes restaient à chaque fois vaines, ainsi que la passivité de la municipalité, ils ont essayé tant bien que mal de solutionner, à leur dépens, ce problème en initiant des forages grâces aux efforts conjugués de la populations locales avec l’aide de la diaspora et des émigrées. Seddouk Ouadda a cru réaliser une bonne affaire en captant la source millénaire et séculaire d’Ighzer netsragoua. Aujourd’hui, cette source ne donne plus rien et ce village est rationné en plein hiver. Tibouamouchine, village le plus important de la commune de Seddouk, avec ses 3000 habitants, pour sa part, a préféré réaliser deux forages de 50 M chacun qui, finalement n’ont pas apporté de solution finale, puisque ce village traîne toujours un manque d’eau avec une distribution par quartier très insuffisante. Ces deux sources qui ont été jadis des facteurs de communion et de solidarité entre les populations d’Amdoune n’Seddouk, sont devenues à un certain moment des points de divergences entre ces mêmes populations qui ont théoriquement et traditionnellement les mêmes droits sur ces deux sources. Force est de constater, on ne sait par quel droit, certains s’arrogent le droit d’arroser leurs jardins pendant que d’autres n’ont pas le minimum pour étancher leur soif. Pire que ça, l’année passée, les populations des trois villages, suite à une pénurie d’eau en plein hiver, en janvier 2012, ont procédé à la fermeture du siège de la mairie pendant trois jours, demandant l’eau intégrale de la source d’El-Moumadha qui, selon eux, leur revenait de droit, dont une partie a été détournée par un petit village récemment constitué, l’affaire atteignit la wilaya et le secrétaire général avait ordonné au maire de Seddouk et au subdivisionnaire de l’hydraulique de les rétablir dans leur droit. Chose qui a été faite dans la semaine qui s’en suivie. L.B

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Published by La gazette - dans Amdoun n'SEDDOUK
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