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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 13:46
Le printemps n’est que plus beau, en ce mois d’avril à Béjaïa, à Amdoune n’Seddouk ce berceau de l’insurrection paysanne d’avril 1871 déclenchée par l’un de ses fils, Cheikh Mohand Améziane Belhaddad. Un évènement qui a d’ailleurs fait l’objet d’une commémoration en grandes pompes le 08 avril dernier, à l’initiative de l’association Issoulas de Seddouk Oufella. Abdelmalek Sellal, Premier ministre, qui effectuera une visite de travail dans la wilaya fera aussi un crochet par là pour visiter les possessions des Belhaddad. Il se recueillera même annoncent-on sur les tombes des trois Martyrs à l’intérieur du mausolée. La montagne, le soleil, l’air pur, la verdure à perte de vue et une population chaleureuse et accueillante font d’Amdoune N’Seddouk une région où il fait bon vivre. Une région fière et orgueilleuse qui dévoile une riche histoire, une région qui s’illustre aussi par ses somptueux espaces de villégiature, de détente et de loisirs. Une région qui s’impose, aujourd’hui, comme un univers de communion, d’échange et de convivialité, pour ceux qui lui rendent visite, par milliers, chaque année. Cette région sait se parer de ses plus beaux atours quand il le faut. Voila pourquoi beaucoup de touristes, de vacanciers, nationaux et d’émigrés de toute la Kabylie, trouvent chaque été, si ce n’est tout au long de l’année, un malin plaisir d’aller visiter les paysages enchanteurs de cette fabuleuse région. Ceux qui l’ont visitée gardent d’elle de beaux souvenirs et demeurent, à vrai dire, ses meilleurs supports publicitaires, tant ils n’hésitent pas à la recommander aux autres, pour leur détente, loin du stress de la ville, en la décrivant comme un paradis terrestre. Pour s’y rendre à Amdoune N’seddouk, c’est en arrivant au carrefour de Taharacht à Akbou que nous avons quitté la RN26, en bifurquant à droite. En prenant le CW 141, le regard fut attiré, à droite, par la zone d’activité, qui s’étale sur 25 hectares, riche de ses 25 unités de production qui emploient quelques 2 500 salariés. A gauche des terres bien travaillées où prédominent l’olivier et les céréales. En face, la montagne de Gueldamen, qui s’érige comme une grande muraille cachant le douar de Nath Aïdel. En arrivant au pont de l’oued Soummam, il est facile d’imaginer comment la vie est dure chez ses montagnards, en voyant dans le lit de l’oued, des ouvriers chargeant à la pelle du sable sur un tracteur. Le barrage de Tichy Haf, conçu pour alimenter en eau potable une grande partie des villes et villages de la wilaya de Béjaïa, n’a pas empêché l’eau de circuler dans l’oued, scintillant sous un soleil printanier. Les colons avaient fait de la zaouia un centre de torture ! Le premier village traversé, Biziou, connu pour ses commerces florissants et ses villas somptueuses, alignées sur les deux cotés de la grande route, forme un couloir commercial sur environ deux kilomètres. À la sortie de ce village, la route longe la rivière Tassaft sur environ six kilomètres, comme deux droites parallèles qui ne se rencontrent jamais. Il est même recommandé d’ouvrir la fenêtre du véhicule pour sentir les odeurs de la lavande et des arbres bordant la route. Au carrefour de Taghzouit, des panneaux de signalisation, dont l’un indique la route à prendre pour rejoindre l’ancienne ville coloniale, et l’autre désigne une route de montagne menant vers Seddouk Oufella, lieu de notre visite. Cette route, en montée jusqu’à notre destination, zigzague à travers des champs d’oliviers que bordent des amandiers et des haies de cactus. Nous sommes en pleine saison de printemps où la végétation pousse à l’extrême. Les coquelicots, les mimosas et bientôt le muguet, invitent les passants à des haltes pour en cueillir des bouquets. Beaucoup de voyageurs s’arrêtent pour se mettre sous un olivier ou un caroubier et pique-niquer le temps que le moteur refroidisse. Ils ne peuvent s’empêcher d’admirer le flanc Est de la montagne du Djurdjura où sont éparpillés des villages kabyles. L’on entend les cris d’un laboureur à ses bœufs qui trainent une charrue tournant la terre en faisant monter à la surface des nématodes qui attirent de nombreuses cigognes. Au loin, un bruit strident d’une scie mécanique. C’est un agriculteur qui coupe des troncs pour le greffage des oléastres. Nous sommes en pleine période de greffage. Arrivés au col de la montagne, au détour d’un virage, apparait le village Ighil n’Djiber, un petit hameau qui mérite d’être visité. Nous avons la chance inouïe de tomber, à la placette du village, sur une opération de tissage traditionnel d’un burnous, où des femmes s’affairaient, chacune dans sa tâche. Une bonne heure a suffi pour mettre au point l’ouvrage qui est porté vers une grande salle de la maisonnette de la propriétaire. Pas loin de là, apparait le village Seddouk Ouadda, au milieu d’une prairie verdâtre. On a appris qu’il est construit sur les ruines d’un ancien village, détruit, probablement, par un tremblement de terre. Cheikh Aheddad enseignait le coran au sous-sol La région est classée sismique. Nous quittâmes ce village pour un autre, Tibouamouchine, qui postule pour être « capitale » d’Amdoune n’Seddouk, une fois cette contrée aura son statut de chef-lieu de commune. Cette forteresse de 3 000 habitants subjugue, avec ses maisonnettes aux tuiles vernies et ses murs construits avec de la pierre taillée locale. Sa richesse du terroir de type artisanal a fait le tour du pays et était même exportée vers l’étranger. Il s’agit du balai traditionnel (Timeslah) fabriqué par des mains expertes à base de palmier sauvage (Iguezdam). Nous arrivâmes à l’école cheikh Belhaddad de Seddouk Ouadda, un monument du savoir. Ex zaouïa de Cheikh Aheddad, devenu centre de torture durant la guerre de libération où beaucoup de martyrs y ont laissé leurs vies, puis, une école primaire, à l’indépendance, qui a formé des générations de cadres. D’ici, on peut observer le village Seddouk Oufella, une forteresse collée au flanc de la montagne d’Achtoug. Le regard sur cette magnificence est irrésistible de beauté. On continue notre route, et au détour d’un virage anodin, apparait un grand fronton où est écrit en grands caractères « Le village historique de Seddouk Oufella vous souhaite la bienvenue ». On passera dessous pour prendre un chemin que borde une végétation extrême et des peupliers géants, montrant à quel point l’endroit regorge d’eau, ce pourquoi nos aïeux, notamment cheikh Aheddad, l’ont choisi pour s’y installer. L’eau jaillit des entrailles de la terre en différents endroits. Nous butâmes sur une fontaine à deux conduites d’où coule une eau, fraiche en été et tiède en hiver, qui invite le visiteur à venir se rafraichir le gosier de son eau minérale. A quelques dizaines de mètres de là, la placette du centre du village vous accueille, avec une plaque commémorative collée à une façade où sont transcrits les noms d’une soixantaine de martyrs que compte ce village. Tout un symbole de la résistance de ce village qui a enfanté des héros tels que Benrabia dit « Zamit », héros de la bataille d’Alger tombé à El-Biar, Boudiba, un commissaire politique tombé au champ d’honneur du côté de Tizi-Ouzou, Mouhoubi Melaz, tuée de sang froid par un harki. Et les trois Cheiks Belhaddad, héros de l’insurrection d’avril 1871. C’est le sympathique président de l’association locale, M. Lahneche, qui s’est chargé de nous faire découvrir Takhalouith, la pièce où recevait Cheikh Aheddad ses visiteurs. Une minuscule salle dont les murs portent encore l’encens des Bougies. Puis, il nous a fait visiter la mosquée et son sous-sol, où le père de cheikh Aheddad enseignait le Coran. Nous nous sommes attardés au niveau du mausolée où reposent les ossements des trois valeureux Cheikhs. Un mausolée que gère Smaïl Belhaddad, l’un des petits-fils de Cheikh Belhaddad, qui nous a accueillis avec un large sourire et une grande gentillesse, nous demandant de nous mettre à l’aise. Ce sublime édifice, de belle architecture et construit avec des matériaux modernes, est bien entretenu avec des employés qui veillent au grain. Sur la grande terrasse qui surplombe les trois autres villages formant Amdoun n’Seddouk (Tibouamouchine, Ighil n’Djiber et Seddouk Ouadda), la vue est imprenable sur la plaine de la haute vallée de la Soummam et sur le majestueux Djurdjura. Il est facile d’aller visiter cette région, et difficile de la quitter avec toutes les subtilités qui la caractérisent. Nous la quittâmes après avoir jeté un coup d’œil sur une banderole géante où il est écrit : « Bienvenue Monsieur Sellal, les habitants se mobilisent pour vous réserver un accueil chaleureux et une agréable visite ». L. Beddar

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Published by La gazette - dans Amdoun n'SEDDOUK
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