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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 07:48

La fertile plaine qui s’étend à perte de vue entre la ville de Seddouk et le village Takaâts n’existe plus.

Les terres agricoles nourricières d’autrefois sont, à présent, envahies par le béton. Elles s’amenuisent comme une peau de chagrin autour de la ville. Les habitations y poussent comme des champignons. Même le service de l’urbanisme est débordé par le nombre de dossiers déposés par les citoyens qui pour avoir un certificat de possession, qui pour se faire délivré un permis de construire, qui pour régulariser une habitation par un certificat de conformité, qui pour obtenir une aide à l’habitat dans le cadre du Fonal,… etc. Les cultures céréalières n’y sont plus pratiquées. Il en restait l’oléiculture qui est réduite au ramassage des olives. Mais ce qui est navrant, c’est le patrimoine oléicole qui se dépérit au fil des ans et de manière inquiétante. Il vieillit par manque cruel de soins. Les gens ne labourent plus, ne taillent plus. Les terres laissées en jachère est un autre problème. Car, elles favorisent les incendies de forêt qui se déclarent en été et qui anéantissent des vergers oléicoles et autres arbres fruitiers, comme les figuiers. On attend juste l’arrivée de la campagne oléicole pour ramasser la production qui est souvent d’un rendement faible. Ils sont à la recherche du gain facile en allant dans les grandes villes du pays ou carrément à l’étranger pour vivre mieux. Ceux qui restent se ruent vers la création de commerces ou d’activités artisanales. Par manque de perspective d’emploi, même si une zone d’activité a été créée il y a environ 25 ans, toujours est-il que les usines tardent à être créées et les salariés vont monnayer leur force de travail ailleurs. Seddouk est devenu un eldorado pour les populations vivant en haute montagne où les conditions de vie sont rudes. De Beni Djellil à Bouhamza en passant par Béni Maouche, les ruraux laissent maisons et terres agricoles pour s’installer à la ville de Seddouk et devenir citadins. Cela n’est pas sans conséquences sur le foncier et l’immobilier qui connaissent des augmentations de prix vertigineuses. Le prix du mètre carré du foncier se négocie autour de 10.000 dinars, alors qu’il n’y a pas si longtemps les terrains situés dans les meilleurs endroits, comme au village El-Mizab, ne dépassaient pas les 2.500 dinars le mètre carré. La flambée des prix des appartements donne aussi du tournis en passant de 1.500.000 dinars à 10.000.000 de dinars pour un F3. La terre agricole est loin de refléter le statut qui est le sien depuis que des propriétaires, à la recherche du gain rapide, la bradent à des gens qui construisent des habitations. Seddouk a perdu sa vocation de région purement agricole pour devenir une ville dortoir. La ville de Seddouk, faut-il le signaler, a été créée par les colons à leur arrivée vers la fin des années 1800. Ils s’étaient installés juste après la défaite de l’insurrection d’avril 1871 sur un plateau situé à quelques 400 mètres d’altitude, appelé à l’époque ferme Belouzir. Ils ont construit une coquette ville avec une architecture européenne dont certaines bâtisses gardent encore ce style architectural. Il faut dire aussi que tous les alentours sont des terres agricoles, qui, au jour d’aujourd’hui, ont été anéanties par le béton ou pas moins de sept cités sont créées avec des constructions anarchique.

L. Beddar

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Published by La gazette "Amdoune n'Seddouk"
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